mardi 23 août 2005, par Jean Carteret
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Si on se place du point de vue astrologique et qu’on considère l’astrologie comme un langage, la forme devient analogue au Soleil, le volume à la Lune, la structure à la Lune Noire et les masses au Soleil Noir. Ce rapport de structure et de masse est l’élément de nuit. La structure se représente dans le squelette et la masse dans la chair, avec la forme on a le corps dans sa statique et le volume donne, lui, les jeux du corps.
Déjà, le Soleil et la Lune sont dialectiques l’un de l’autre fondamentalement, et pour une raison astronomique : autour de la Lune rien ne tourne, alors qu’autour du Soleil tout tourne et qu’il y a autour de lui un cortège. Le Soleil est en rapport avec le dynamisme manifesté et avec l’action, la Lune avec l’état (parce qu’il n’y a rien autour). On peut considérer que la Lune est à la demeure ce que le Soleil est au véhicule.
A ces deux luminaires... blancs, viennent s’ajouter, dans un mouvement dialectique, leur valeur de nuit, composée par les foyers vides de leur ellipse : le Soleil Noir et la Lune Noire.
Le Soleil Noir et la Lune noire sont des rapports de relation entre le Soleil et la Terre, entre la Lune et la Terre. Mais pour nous qui sommes des objets, les relations sont des transcendances ; et le Soleil et la Lune étant les luminaires qui existent, le Soleil Noir et la Lune Noire, pour nous qui existons, seront des transcendances qui n’existent pas, mais qui sont. Comme dans le rapport visible/invisible, le visible est transcendant pour l’invisible, et l’invisible est transcendant pour le visible. Le Soleil Noir et la Lune Noire sont beaucoup plus cosmiques que le Soleil et la Lune qui sont des valeurs d’existence ; et dans les thèmes où le Soleil Noir et la Lune Noire se trouvent en relation par aspects, ou lorsque leur situation est intensifiée, la personne réelle prend à son compte l’aspect cosmique général.
Le Soleil va du sujet à l’objet par la raison, il est objectif, le Soleil Noir va du sujet à l’objet par l’imagination, il est subjectif ; la Lune va de l’objet au sujet par l’imagination, elle risque d’être la perte, enfin la Lune Noire va de l’objet au sujet par la raison, elle est l’équation, l’algèbre.
Le rapport qu’on pourrait écrire : Soleil sur Lune est égal à faits sur valeurs, les faits étant en somme l’incarnation des valeurs. Au passage au Soleil Noir et à La Lune Noire, on aura le rapport : valeurs sur faits, avec donc une intensification, mais aussi avec une perte des faits : donc passage à un idéalisme et à un certain spiritualisme ; ou à l’opposé, à un élément révolutionnaire qui va transformer le monde des faits par la conscience des valeurs. Avec le Soleil Noir et la Lune Noire, on est en présence de la désincarnation dans l’absolu, tandis qu’avec le Soleil et la Lune il y a, tout au contraire, l’incarnation. Le Soleil et la Lune, avec leur cortège de planètes, sont donc à la naissance ce que le Soleil Noir et la Lune Noire et leurs planètes sont au terme et à la mort.
Ceci dit, il ne faut pas négliger que la Lune Noire forme avec le Soleil Noir un système quadripolaire. Si bien qu’il y a à la fois une dialectique entre Soleil Noir et Lune Noire, mais aussi une dialectique interne entre la tête et la queue de chacun d’eux.
La Lune Noire est en rapport avec l’esprit tandis que le Soleil Noir l’est avec l’âme, la Lune Noire est une licorne dont la corne est permanente, et le Soleil Noir un cerf dont les bois tombent et repoussent chaque année. La tête de la Lune Noire est la négativité active symbolisée par Lilith, et la queue de la Lune Noire une positivité passive dont le symbole est Sisyphe, héros du devenir répétitif. Quant au Soleil Noir, sa tête est une positivité active : Dionysos ; et sa queue est une négativité passive. On comprend dès lors que la tête de Lune Noire est un anti-devenir, et sa queue un devenir répétitif, alors que la tête du Soleil Noir est un devenir dilaté, et la queue un devenir brutalement arrêté.
Le tableau suivant donne une partie des analogies dialectiques qu’on retrouve dans le jeu des quatre pôles. S’il est incomplet, c’est que nous ne parvenons plus à vivre jusqu’au bout le langage. Mais mieux vaut le vide qu’une artificialité du Verbe.
| Structures Lune Noire Ascétisme Inaccessible | Masses Soleil Noir Magnificence Insondable |
| Tête : réduction | Queue : dilatation conséquente | Tête : dilatation | Queue : réduction conséquente |
| LILITH ou la Force (XI du Tarot) | Sisyphe et Priape ou Le Pendu (XII) | Dionysos ou La Justice (VIII) | L’Ermite (IX) |
| Anti-devenir et Stérilité ou Castration | Devenir-répétitif et Masturbation | Devenir-dilaté et Grossesse | Devenir-bloqué et Avortement |
| Clitoris Silence | Vagin Bavardage | Verge Péroraison | Anus Aphonie |
| Cime | Avalanche | Précipice |
Il est évident que nombre d’autres analogies peuvent être posées. Celles-ci sont les plus caractéristiques, mais nous en utiliserons certaines autres, par exemple dans le domaine sexologique.
Il y a un rapport astrologique très étroit entre les règles de la femme et la Lune Noire. La Lune Noire est l’ovule quand le Soleil Noir (Dionysos) est le sperme. La Lune Noire qui est la cime a comme complémentarité l’avalanche et l’ovule non fécondé va donner les règles, alors que le Soleil Noir qui est l’abondance et a comme complémentarité la réduction, va donner la multitude des spermatozoïdes du sperme d’où n’émergera qu’un spermatozoïde unique qui ira féconder l’ovule.
Le Soleil Noir étant l’anima de l’homme et la Lune Noire étant l’animus de la femme, il y a dans la complémentarité interne de l’animus de la femme ce que les Romains appelaient Priape, c’est-à-dire l’éjaculation permanente de l’avalanche des valeurs dans les faits (c’est le rôle du Pendu dans le Tarot). Alors que dans l’anima de l’homme, analogue au Soleil Noir comme masculin exprimé dans une féminité du monde, la complémentarité intérieure est un élément de noyau de déduction. L’anima de l’homme a la dilatation comme élément antécédent et la réduction comme élément conséquent, et l’animus de la femme, à l’inverse, a la réduction et la dilatation comme éléments antécédent et conséquent.
La Lune Noire (Lilith) est la puissance du vide, et son sadisme terrible s’exprime par la répétition (examen, bureaucratie). Mais c’est une répétition qui reste sur le plan de l’être. Tandis qu’à la queue du Soleil Noir il y a une autre sorte de répétition, qui est une poursuite : la poursuite de l’ascèse chez l’Ermite.
Entrés plus avant dans la connaissance des luminaires noirs, nous pouvons revenir au rapport qu’ils ont avec les luminaires blancs, pour en montrer la complexité.
Une première vision permet de donner les définitions suivantes : le Soleil est l’existence et le Soleil Noir la substance, la Lune Noire est l’essence, et la Lune l’accident (parce qu’elle varie beaucoup). Mais on peut inverser les quatre pôles et trouver dans la Lune qui change : tout ce qui ne change pas : c’est la Lune Blanche du Soleil Noir, comme il y a le Soleil Noir de la Lune Blanche.
Cela veut dire que dans cette proportion où le Soleil et la Lune sont réels et où le Soleil Noir et la Lune Noire sont des relations du Soleil et de la Lune avec la Terre, il y a dans le signe de l’égalité la Terre qui est le lieu de ces quatre pôles. Comme il y a deux traits dans l’égalité, il y a deux Terres : la Terre visible et la Terre invisible. Bien que de toutes façons, cette Terre de l’égalité soit la Terre du monde. Il y a ici des possibilités énormes de transfiguration de la Terre suivant qu’on fasse parler l’un des quatre termes.
Jean Carteret.
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